La Romieu encadre la création de gîtes : ce qui change pour les propriétaires et les voyageurs en 2026
À La Romieu, dans le Gers, créer un gîte ou un meublé de tourisme demande désormais une autorisation. Voici les deux cas permis.
Vous rêvez d'un week-end dans l'un des plus beaux villages de France ? À La Romieu, dans le Gers, la création d'un gîte ou d'un meublé de tourisme est désormais soumise à autorisation. Le maire veut éviter un village vide hors saison. Pour les futurs propriétaires de gîte, il n'existe plus que deux voies.
En bref
- La Romieu, 540 habitants dans le Gers, impose une autorisation pour créer un gîte ou un meublé.
- Deux cas permis : remplacer un gîte existant au 1ᵉʳ juin 2026, ou créer aussi un logement permanent de même surface.
- Le village compte neuf gîtes et une vingtaine de chambres d'hôtes, et accueille jusqu'à 1 000 visiteurs par jour l'été.
Le chiffre clé : 1 000, visiteurs par jour en été dans un village de 540 habitants.
Gîtes et meublés de tourisme : une autorisation devient obligatoire à La Romieu
Créer un gîte ou un meublé de tourisme à La Romieu ne se résume plus à acheter une maison et à y faire quelques travaux. La commune, au nord du Gers, a pris cet été un arrêté qui soumet toute nouvelle création à autorisation. Son but : empêcher qu'une maison vendue change de destination pour devenir un hébergement de vacances.
Les deux conditions d'obtention figurent au compte rendu du conseil municipal du 5 juin 2026. La mesure a été adoptée à l'unanimité. La Romieu devient ainsi la première commune du Gers à prendre une telle décision.
Ailleurs, ce type d'encadrement concerne surtout de grandes villes comme Toulouse ou Montpellier, où il vise à permettre aux habitants de se loger. Ici, l'enjeu est un peu différent : maintenir une vie à l'année dans un village de 540 habitants.
Deux voies seulement pour ouvrir un nouveau gîte
Le texte n'interdit pas tout. Un propriétaire peut obtenir l'autorisation dans deux situations, pas davantage, d'après le compte rendu du conseil municipal.
| Cas | Ce que dit le texte |
|---|---|
| Substitution | La nouvelle ouverture remplace un gîte ou un meublé existant au 1ᵉʳ juin 2026, avec une capacité similaire. |
| Compensation | La création du gîte ou du meublé s'accompagne, en même temps, de celle d'un logement de même surface destiné à la location permanente. |
Dans le premier cas, la capacité d'accueil touristique du village reste stable : un gîte en remplace un autre. Dans le second, chaque nouvel hébergement de vacances apporte avec lui un logement pour des habitants à l'année. Pour un investisseur, le calcul change : il faut un bien existant à remplacer, ou un second projet de logement à porter.
Une maison vendue à un futur gîte a servi de déclencheur
Tout est parti d'une vente récente. Une maison était à vendre à La Romieu. Des candidats voulaient y habiter, mais elle est revenue à un acquéreur qui comptait investir et la transformer en gîte.
Pour le maire, Thierry Cambournac, c'est une occasion manquée d'accueillir de nouveaux habitants : la maison ne servira qu'un ou deux mois par an. Il redoute un effet d'entraînement, avec des achats de plus en plus tournés vers les gîtes. Voici comment il décrit le risque.
« Si on ne fait rien, le risque c'est que l'achat des maisons soit orienté vers la création de gîtes et qu'un jour, il n'y ait plus assez de population dans le village et à ce moment-là, on va perdre l'école, tous les commerces »
Thierry Cambournac, maire de La Romieu, cité par France 3 Régions
Le village compte déjà neuf gîtes et une vingtaine de chambres d'hôtes. Le maire raisonne donc en prévention : mieux vaut poser une règle avant que le déséquilibre ne s'installe.
540 habitants, jusqu'à 1 000 visiteurs par jour en été
La Romieu a de quoi attirer. Sa collégiale Saint-Pierre est inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco, au titre des chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle. Le village figure parmi les plus beaux villages de France. En été, jusqu'à 1 000 personnes par jour s'y pressent, pour 540 habitants à l'année.
Cette fréquentation explique l'appétit pour les hébergements de vacances. Elle croise une autre difficulté, celle du prix des maisons. Maryse Aspe, qui gère l'épicerie du village, constate que beaucoup de jeunes ne peuvent pas acheter : ils n'ont pas les moyens d'acquérir puis de restaurer une maison, et certaines dépassent le million d'euros.
S'ajoutent les résidences secondaires, dont les propriétaires participent peu à la vie locale le reste de l'année.
Ce que cela change pour vous, voyageur ou futur propriétaire
La règle vise les créations, pas les hébergements déjà ouverts. Selon votre profil, voici ce qu'il faut retenir.
- Voyageur : les gîtes et chambres d'hôtes existants restent à votre disposition, mais l'offre nouvelle sera plus encadrée.
- Propriétaire d'un gîte ou d'un meublé existant : la date du 1ᵉʳ juin 2026 sert de référence pour une substitution à capacité similaire.
- Investisseur : avant d'acheter pour ouvrir un gîte, vérifiez que votre projet entre dans l'une des deux voies.
- Acheteur qui veut habiter : c'est le public que le maire espère voir s'installer, pour garder l'école et les commerces.
Pour le voyageur, l'avantage est indirect. Un village qui conserve ses habitants à l'année reste vivant en dehors de juillet et d'août, et c'est aussi ce qui fait le charme d'un séjour au calme dans les vieilles pierres. C'est le pari de la municipalité.
Vos questions
Quels logements sont concernés à La Romieu ?
La création de gîtes et de meublés de tourisme est désormais soumise à autorisation. Le village compte aujourd'hui neuf gîtes et une vingtaine de chambres d'hôtes. Les deux conditions publiées visent les gîtes et meublés : pour une chambre d'hôtes, mieux vaut interroger la mairie.
Peut-on encore ouvrir un gîte à La Romieu ?
Oui, dans deux cas. Soit le nouveau gîte ou meublé remplace un hébergement existant au 1ᵉʳ juin 2026, avec une capacité similaire. Soit sa création s'accompagne de celle d'un logement de même surface destiné à la location permanente.
Pourquoi La Romieu prend-elle cette mesure ?
Le maire craint qu'un village de 540 habitants perde son école et ses commerces si les maisons deviennent des gîtes. La commune veut garder une vie à l'année, et pas seulement l'été. Elle est la première du Gers à agir ainsi.
Sources : france3-regions.francetvinfo.fr.
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